jeudi 31 juillet 2014

Altes Museum

Cet imposant musée, qui siège à droite du Berliner Dom sur le Lustgarten, rassemble les collections d'art antique : Grecs, Latins, quelques Etrusques. Pas de pièces célèbres, mais une muséographie agréable et des curiosités intéressantes. Un refuge contre l'orage, une affluence touristique limitée, douce promenade.


Pièce étrusque, usage mystérieux
La Danseuse


Figurines grecques illustrant des métiers
 
Haut-relief latin, scène de théâtre

mardi 29 juillet 2014

De l'administration allemande

En arrivant, il avait fallu s'inscrire dûment à la mairie. Les autorités d'ici aiment savoir qui vous êtes, ce que vous faites et où vous résider exactement ("Quel étage, votre appartement ?"). J'ai eu hier mon rendez-vous de désinscription, à la mairie de Berlin-Schöneberg.

Devant la sortie du métro, cette mosaïque armoriée m'accueille. Schöneberg est un quartier résidentiel de l'ancien Berlin-Ouest, c'est la première fois que j'ai l'occasion d'y jeter un oeil. C'est calme et verdoyant. Le bâtiment de la mairie, vu de l'extérieur, n'a aucun charme avec sa grande tour grise et carrée. L'intérieur a conservé des boisseries cirées et le sol en marbre, ainsi qu'une partie de son mobilier. Cet ensemble lui donne un petit look fifties pas si désagréable.



Une salle d'attente à l'allemande est une salle d'attente modèle - même auprès d'une administration. Un calme  serein est de mise, malgré l'affluence. Alors que j'ai pris rendez-vous sur Internet pour 10h40, à 10h50 mon numéro n'est toujours pas affiché. Je songe déjà à râler à l'accueil "Mais quel est l'intérêt de réserver alors ?!". Je me ravise devant l'indifférence patiente de mes voisins, sans doute dans le même cas que moi. Quand mon tour arrive, la question est réglée en 2mn30 - efficacité proverbiale.

C'est seulement en sortant que je remarque cette plaque commémorative sur le perron même de la mairie. L'allemand honorifique est un peu alambiqué et je peine à saisir les détails. A cet endroit précis, en 1963, John Kennedy en visite pour les quinze ans du blocus de Berlin déclame son si célèbre "Ich bin ein Berliner". Le titre de gloire de cette mairie est le discours d'un étranger.

lundi 28 juillet 2014

Baignade à Flughafensee

En l'honneur de la première salve de partiels, C. me rend une dernière visite. Le temps s'y prête, nous prenons la direction d'un des nombreux lacs qui ourlent Berlin. Une fois surmontés quelques déboires avec le métro et plus d'une heure de marche à pied, nous arrivons au bord du Flughafensee, où des amis nous rejoignent. Ce lac artificiel est situé juste au-dessus de l'aéroport de Berlin-Tegel, qui l'a baptisé. A intervalle irrégulier, des avions décollent et atterrissent face à nous, dans un ballet éphémère et vrombissant.


La plage n'est pas paradisiaque mais l'eau est translucide. Derrière nous, une femme bronze "à la mode RDA", c'est-à-dire parfairement nue. C'est la première sortie de mon maillot de bain depuis l'année dernière. Je laisse les fiches du prochain devoir dans mon sac et somnole sur un roman à l'eau de rose. Un délice, surtout dans le parfum de la crème solaire. Les Berlinois ont même la plage à 30mn de chez eux...

jeudi 24 juillet 2014

Berlin, 34°C : révisions

Un semestre Erasmus a ses avantages et ses inconvénients. Parmi ces derniers, les partiels finaux figurent en bonne place. Seulement, la phrase "Je passe mon mois de juillet à Berlin à réviser" sonne comme une anomalie ou une provocation. Par de telles chaleurs, l'exercice est particulièrement éprouvant. Enfermée, penchée sur mes cahiers, je cherche les ruses pour survivre. En voici deux.

Il règne encore plus de trentre degrés ce dimanche lorsque je mets un nez dehors à 21h. Vanille und Marille est un glacier artisanal non loin de Mehringdamm. Je goûte Jogurt-Sauerkirsche (sans grand intérêt), Amande (miam), Citron vert-basilic (une tuerie).


Le lendemain, pour échapper à la moiteur de la chambre, je m'installe à l'ombre, à la terrasse d'une pâtisserie. Les balançoires sont si mignonnes que je n'ose pas m'y installer. A la table voisine abandonnée, les moineaux se régalent, eux aussi.


lundi 21 juillet 2014

THF

Trois initiales mythiques à Berlin : Tempelhofer Feld, l'aéroport abandonné. En six mois à Berlin, c'est la première fois que j'y vais - une incroyable exception. Dans cet espace dégagé, en plein coeur de la ville, les Berlinois aiment se retrouver le temps d'un barbecue, d'une sortie à roller ou d'une partie de cerf-volant. Ce soir, nous retrouvons des amis pour un pique-nique et un coucher de soleil. L. en particulier, rencontrée au cours de danse, fait ses adieux car elle rentre en France le surlendemain.

Le champs est immense. Même à vélo en empruntant les non moins immenses pistes de décollage, il faut une solide dizaine de minutes pour le traverser. L'ancienne tour de contrôle, curieuse sphère blanche sur ses trois pilotis, fait office de point de repère.

Les Berlinois sont très attachés à cet endroit. En mai, par référendum, ils ont rejeté la proposition de la mairie, qui construisaient des logements et une bibliothèque sur une parcelle. Il faut dire que le symbole est d'importance. En 1948-49, Berlin-Ouest coupée du monde ne survit que grâce à la perfusion du Luftbrücke. Et c'est précisément ici, à l'aéroport américain de Tempelhof, que les avions accidentaux atterrissent.

La nuit tombe sur nos vélos, abandonnés à l'écart de la nappe. Les autres s'éloignent, je reste seule avec L. pour une longue conversation. Le ciel rose et les nuages vaporeux invitent à la poésie et à la photographie. Ce n'est que dans l'obscurité totale que nous levons le camp. Les pelouses ne sont pas éclairées, heureusement mon amie n'en est pas à sa première visite. La sortie est fermée... Seules quelques entrées principales ne sont pas encore grillagées à cette heure ! Long détour à pied dans la nuit douce et les herbes folles...

dimanche 20 juillet 2014

Jardinage urbain

J'ai croisé en rentrant de la fac un bonhomme d'une dizaine d'années, qui m'a intriguée. Sérieux, rouge et suant, il grattait la terre autour d'un arbre devant notre entrée. Le lendemain, voici le résultat :

 
















"Salut, je suis nouveau ici. Merci de faire attention à moi."
Ganz süss oder ? Une telle initiative serait tellement incongrue à Paris.

samedi 19 juillet 2014

Pique-nique en tour du monde

Le dernier cours est toujours un peu particulier. En allemand langue étrangère, nous avons commencé par inventer un conte, "ein Spiel, wo man viel Deutsch sprechen kann". Et les vraies réjouissances ont commencé, en face du Berliner Dom. Chacun a apporté (souvent : cuisiné) quelque chose bien de chez lui.


Le cours compte deux Françaises, une Turque, un Américain, un Mexicain, une Franco-anglaise, une Iranienne, un Tchèque, une Bulgare (plus une Suédoise et une Roumaine, absentes). Et une Allemande, notre Dozentin (ici, une prof docteure n'est pas une prof, c'est une Docteure).

Une bande de jeunes gens surexcités nous aborde en anglais - "mit einem komischen Akzent" juge l'Américain. Ils veulent connaître notre nationalité...et ne sont pas déçus ! Nous apprendrons en retour qu'ils viennent des Pays-Bas et font un concours avec des amis.

La table est bien garnie de merveilles dissemblables. Dans l'ordre des nationalités précitées : camembert et saucisson, taboulé de boulgour, fromage grec et sirop d'agave, tortillas et guacamole maison (avec le noyau des avocats, "damit es nicht schwartz wird"), sandwitch oeuf dur & mayo ("typisch der Kinderpartys bei uns"), galettes de pommes de terre au safran et épices perses secrètes, galettes de pommes de terre, bières et gauffres tchèques, gâteau à la semoule et à la confiture de framboise, rote Grütze (intraduisible, fruits rouges marinés, un peu acides) & sauce à la vanille.

Chacun présente, les échanges de recettes vont bon train. Le petit tour de table révèle que trois d'entre nous ont choisi de s'installer définitivement à Berlin, le séjour Erasmus n'aura pas de fin. C'est dire si la ville a ses attraits...

samedi 12 juillet 2014

Sieben - Eins !

Le Brésil est donné gagnant dans cette demi-finale. Un peu débordée par les révisions, je reste sagement chez moi. Mais la fenêtre est restée ouverte, les pétards me font sursauter par quatre fois en vingt-cinq minutes. Je dévale les escaliers, direction le bar le plus proche, je ne peux quand même pas rater ça ! Le score est désormais à 5-0 en faveur de l'Allemagne.

J'ai atterri au hasard dans un petit bar d'habitués. Deux écrans projettent le match, sur deux chaînes différentes (et donc deux retransmissions différentes). Un peu déstabilisée par le calme qui semble régner, je reste dans la première salle, au milieu d'une douzaine de Germains ventrus. Au bar, je commande un Bionade, mais face à un secouement de tête je me contente d'un Cola. La patronne a l'air étonnée, vaguement méfiante : "C'est sur place ? ou à emporter ?". J'acquiesce, un peu surprise. "Mais vous voulez que je vous le décapsule ?" Heu oui, s'il vous plaît...


Les hommes sont à une tables, les femmes à une autre. J'avise prudemment un tabouret entre les deux. Les Allemands se lèvent tôt, aussi les présents n'ont pas l'air de travailler, attablés ici à 23h, à fumer et à boire. Les hommes ont les cheveux blancs, l'un d'eux porte un tatouage. Les femmes sont en schwartz-rot-gold. L'une est enrubanée de colliers à fleurs. L'autre porte une vaste robe tricolore sur un legging noir, et une bague en brillants roses au deuxième orteil droit. Au bar, un couple aux multiples piercings se tient par la taille. La petite société parle peu mais fort. L'une parie (déjà !) sur un 7-0. Les commandes de bières se répètent inlassablement. Je sens qu'on l'observe du coin de l'oeil, la drôle d'inconnue en jean et débardeur blanc. Enchantée de cette ambiance pour le moins atypique, j'écoute tout, rigole de leurs blagues et souris à la ronde.

A la mi-temps, la patronne Angelika (Angeli pour les intimes) offre le Schnaps. Je reçois un shot d'une liqueur rouge au goût de cerise artificielle, pas mauvaise. La salle trinque, ou plutôt "Prost !". On me demande si je suis Brésilienne ; je corrige, et me voilà adoptée : "Ah on vous a battu en quart". Et mes jeunes yeux distinguent, malgré la fumée, les minutes du temps de jeu, ce sur quoi on m'interroge abondamment. Le sixième et le septième buts arrachent des exclamations à la pudeur teutonne. Au coup de sifflet final, pas de scène de liesse comme ailleurs, mais un autre Schnaps et une chansonnette : "Wir sind im Finale !". Je demande à faire une photo avec eux, ils acceptent en riant. Elle est floue - ce qui n'est guère étonnant sachant la consommation de bière du photographe - mais les couleurs et le rire y sont. Quand je prends congé, on me demande avec une franche cordialité si je reviens le lendemain pour l'autre demi-finale ? Pour la finale dimanche ?

jeudi 3 juillet 2014

Supporters

Plus l'équipe allemande avance dans la compétition, plus les marques de soutien se multiplient. Les Allemands ne sont pas avares en la matière. Dès le début de la Coupe du monde, des drapeaux sont apparus au balcon - ici en face de mon cours de danse.


Mais le plus remarquable concerne la customiation des voitures. Partout des petits drapeaux s'agitent, coincés en haut des vitres. Les protège-rétroviseur aux couleurs du pays sont une nouveauté pour moi.


La palme revient à ce modèle, garé en face de la fac, pour son total combo : drapeaux, protège-rétro, guirlande de fleurs et appui-tête !


L'Allemagne joue demain, contre la France. Les maquillages et bijoux noir-rouge-jaune vont réapparaître, la ville frétille !

mercredi 2 juillet 2014

Initiales KK

Au Kupferstichkabinett, ou Cabinet des gravures, des dessins de maîtres sont à disposition, sur simple demande, du premier venu. Je m'y rends avec C. et G. Contre une carte d'identité, nous commandons les fonds de Botticelli, Rembrandt et Blake. Le processus ne tolère pas d'écart et nous devons attendre de longues minutes, pendant lesquelles nous feuilletons les livres d'art en libre accès. Arrive enfin le maître de cérémonie, un Allemand ventru et précautionneux.


Pour Botticelli seuls des facs-simile sont disponibles, ce sont des illustrations, parfois inachevées, de la Divine Comédie. Une quinzaine de gravures de Rembrandt arrivent dans une grande boîte verte transportée sur un chariot. Elles sont soigneusement encadrées dans du carton crème, que C. manipule avec respect (pour ne pas contrarier le grand manitou qui nous observe quatre mètres derrière). Blake nous parvient de la même manière. De ce poète, nous observons cinq ou six dessins. Nous fiant au catalogue en ligne qui vante un beau drapé, nous commandons pour finir un Italien que je ne connais pas. Le carton livré ne contient en fait qu'un unique dessin, précidément cette étude de drapé.

Nous quittons la salle de travail presque 2h plus tard, pour retourner en cours. Comme toutes les archives, on s'y sent un peu hors du temps.