vendredi 16 mai 2014

BD à Urban Spree

La troisième édition du festival de BD berlinois Comic Invasion a eu lieu fin avril. Je viens de retrouver dans mes affaires (dans le court-bouillon des papiers sur mon bureau) un dessin tout mignon, dont je ne vous ai pas encore parlé.


Urban Spree est un ancien hangard réhabilité, situé à l'entrée de l'incontournabe Revaler Strasse. Tenu par un Français, le lieu accueille des expositions et des événements tournés vers le Street Art. Ce week-end-là, j'y emmène C. pour un festival de BD - dirigé lui aussi par un Français. Des auteurs français sont invités, et la manifestation est organisée en partenariat avec l'Institut Français. C. craignait inutilement de ne pas comprendre ce qui se dit...

Cosimo Miorelli, La misura della Divinità - Athos

Entre autres artistes, l'italien Cosimo Miorelli expose des planches. Son allemand est primaire, mon anglais freluquet. Malgré tout, la discussion s'engage, et C. achète une planche numérotée. Mais le clou du spectacle est un rideau tiré dans un coin, l'ILLUMAT. On glisse quelques mots dans une fente, une petite pièce, et hop il sort un dessin !

"Renard et chaton amoureux"

mercredi 14 mai 2014

J'ai testé : le médecin en pays étranger

Le réveil est bien douloureux... La tête bourdonne sourdemment et la gorge brûle. Mon corps lourd de fièvre se refuse à quitter le lit. On me trouve un médecin français (mon allemand et la fièvre faisant fort mauvais ménage), qui peut me recevoir une heure plus tard. Je m'y traîne. Un thermomètre affiche 28°C, les deux pulls, l'écharpe et le manteau me tiennent juste chaud.

Je sonne à l'interphone à plusieurs reprises, sans réponse. Le nom sur la plaque, vérification faite, correspond bien. Je tente le numéro de téléphone, initiative infructueuse. Arrive un livreur, j'entre derrière lui. Le cabinet est au rez-de-chaussée. Deux sonnettes ornent la porte, j'appuie consciencieusement sur l'une puis sur l'autre - sans effet. De désespoir, frissonnante, je m'assieds dans l'escalier. Je devrais être attendue pourtant. La méthode ancienne s'avère payante : trois coups fermes sur la porte. Il m'ouvre.


J'ai aussitôt le sentiment de déranger. Il faut commencer par remplir des papiers. Son assistant n'est pas là, ce n'est pas lui qui le fait d'ordinaire, il ne sait pas trop comment ça marche. Attendez je vais chercher d'autres fiches pour comparer. Je repère une chaise dans un coin de la salle, et tremblante sur mes jambes, demande à m'assoir. Il ne répond pas - je m'assieds quand même. L'auscultation est rapide. Mon cas n'est certes pas compliqué. Je n'ai même pas besoin de me déshabiller. Il regarde ma gorge, mais pas mon nez ni mes oreilles, et pas de palpation des ganglions (pardon, je suis une grande habituée des ORL, on ne m'entourloupe pas avec la procédure). Une main posée sur le front remplace le thermomètre, et conclut à "de la fièvre". Maman aurait su dire si j'avais plutôt 39 ou plutôt 39,5.

Angine, cinq jours d'antibiotiques, merci docteur. Je demande où trouver un taxi dans son quartier : "Non le taxi pas la peine, vous n'allez pas si mal, allez !". Je n'insiste pas. Pardon docteur, j'ai bien ma carte d'assurance maladie mais je crois que je n'ai pas récupéré ma carte d'identité ? Une fois dans la rue, mes quelques pas vacillants guettent un taxi. Il me rattrape en courant : J'ai oublié de vous faire signer ce papier !

Le taxi me laisse devant une pharmacie. Ce médicament n'est pas en stock mademoiselle, voulez-vous qu'on le commande ? Je rentre chez moi harassée. Ma colloc' tente deux autres pharmacies...et finit par le commander. Il semble que "l'antiobiotique du médecein français" soit la blague du jour.

mardi 13 mai 2014

368 mètres

Berliner Dom, le chantier à ciel ouvert du quartier historique,
Unter den Linden et le parc du Tiergarten
Plus haute que la Tour Eiffel. C'est avec un pincement que C. me l'assure. Pour son dernier jour à Berlin, nous déjeunons en haut de la Fernsehturm, la tour de télévision, dont la silhouette est si emblématique. Le restaurant tourne sur lui-même, et sans bouger de notre table Berlin nous offre tous ses profils. Le demi-poulet rôti se laisse manger, seul le panorama nous occupe. Grand jeu : nommer les monuments et les avenues. A l'étonnement de C. (qui triche avec un dépliant), je ne fais presque aucune faute.

Schönhauser Allee & le quartier de Prenzlauer Berg
Le dessert se pimente d'une mésaventure. Je commande une Forêt-Noire, et pour lui une mousse au chocolat et sa glace vanille. Arrivent une Forêt-Noire et un moelleux au chocolat, glace caramel. Je maudis mon allemand, il n'aime pas le caramel, nous échangeons nos assiettes. La première cuillérée de moelleux est savoureuse. La serveuse revient en courant en poussant des cris : elle s'est trompée de commande et me reprend l'assiette. L'honneur de mon allemand est sauf, et me voilà avec une mousse au chocolat. Nouvel échange, C. n'a pas entamé le gâteau.

La Spree vers l'est, quartier de Friedrichshain
Mais à la table voisine, c'est la consternation : à côté de la boule au caramel, il semble que le moelleux soit entamé, et que cela soit mal camouflé par une touche de crème... On veut une nouvelle assiette ou du moins un moelleux entier. La serveuse est appelée et, à mon grand étonnement, se fait prier. C. et moi, dans un vague sentiment de culpabilité, mangeons sans faire de bruit, à petites bouchées rapides, et disparaissons au plus tôt. Drôle de service, surtout étant donné le soit-disant standing...





dimanche 11 mai 2014

Qui se rappelle des lapins roses ?

Les lapins roses et verts ont disparu du Gretchen... Désormais place aux girafes jaunes et bleues ! Qui sera la prochaine mascotte ?

samedi 10 mai 2014

Cixous' Gespräch

Passagen Verlag est un éditeur viennois particulièrement francophile, connu pour traduire les penseurs français du deuxième vingtième siècle. Pour la troisième édition de ses Entretiens berlinois, Hélène Cixous est l'invitée. Nous sommes au théâtre du HAU, Hebel am Ufer.


Féministe et soixante-huitarde engagée, essayiste et auteur de théâtre, amie intime et  correspondante de Derrida, elle impressionne par son élégance et la clareté de sa pensée. Je réalise que cette pièce des Passagers du Fol Espoir vue au Théâtre du Soleil il y a quelques années était en fait de sa plume. Elle qui connaît Berlin depuis longtemps puise dans cette ville les exemples de son argumentation. Parlant de l'université qu'elle a fondée à Vincennes en 1968, elle dresse le triste portrait de l'université française d'aujourd'hui  : une autorité non-identifiée, un enseignement magistral sclérosé et cloisonné, la perte du désir d'apprendre ensemble. Etudiante souvent critique, son discours me semble très juste. Elle évoque d'autres thèmes qui lui tiennent à coeur. Dans le très grand âge, il faut réinventer le monde et ses objets, car le corps affaibli attaque notre perception. L'amour est un travail à accomplir chaque jour, pour apprendre à approcher l'autre sans le dénaturer.

A la sortie, pour compléter la collection entamée avec Valère Novaria, nous obtenons un autographe. Elle refuse la photo - enfin l'accepte "à condition [qu'elle] ne [s]'en aperçoive pas", et on ne peut pas dire qu'elle regarde l'objectif dans les yeux.

C. ne partage pas mon avis, et pour un peu la conversation s'enflammerait... Un solide kebab plus tard, les estomacs cessent de grincer...et les esprits avec !

vendredi 9 mai 2014

DDR Museum

Trouver l'entrée du musée de la RDA nécessite une solide motivation. Il faut descendre un escalier étroit qui mène sur la rive de la Spree, à vélo nous sommes passés deux fois devant sans le voir. Bien que ce soit un jour de semaine, le musée est noir de monde. Il est connu pour ses reconstitutions, qui font le bonheur des petits : une Trabant, une station d'écoute de la Stasi comme dans Das Leben der anderen, un appartement familiale.

Pour le reste, sont exposés des objets de la vie quotidienne avec un système de tirettes pour accéder aux informations. Ledit système est fort peu pratique avec tant d'affluence, et c'est dommage, l'ensemble n'étant pas inintéressant. Les camps naturistes présentés comme la norme des vacances me font malgré tout soupçonner un doigt de sensationnalisme. A moins d'y emmener des enfants, autant feuilleter un vrai livre d'histoire - quitte à le choisir illustré !

jeudi 8 mai 2014

Hackesche Höfe - nichtamtlich

Tout près des Hackeschen Höfe s'ouvre un étroit passage. Cet autre ensemble de cours intérieures, plus étroites mais plus authentiques, a ma préférence. Comme le rappelle le petit musée Anne Frank et une plaque à l'entrée, les habitants y ont caché des Juifs pendant la guerre - en plein cœur de Berlin, au nez et à la barbe des Nazis. Les graffitis sont très beaux, les cafés pleins de charme. Des objets variés, plus ou moins incongrus, s'éparpillent. La palme revient à une statue de grenouille ailée géante. On y déambule comme dans le repère de sympathiques hurluberlus. Hélas, l'heure tourne le devoir (universitaire) m'appelle, et il faut laisser C. rentrer.